l’intempestive

"Des arts de la rue comme origami de l’espace public et du féminisme comme modalité des plis"

18 juin 2026 _ _série périodiques


L’Atelier 231, un Centre national des arts de la rue et de l’espace public situé à Sotteville-lès-Rouen, organise chaque année en juin le festival Viva Cité dans cette ville. Trois jours où l’espace et la temporalité urbaines se métamorphosent pour laisser surgir spectacles gratuits, déambulations, animations.

Image de Goupil. On voit en noir et blanc en bas de l'image des arbres et des immeubles penchés, et au-dessus une tache d'aquarelle verte et orange dans laquelle plusieurs personnes volent, dansent, sautent.L’Atelier 231 m’a proposé de contribuer à sa publication annuelle, Réflexions en suspension, par une perspective féministe sur l’édition 2025 de Viva Cité.

Cet article est disponible sous forme de brochure papier à l’Atelier 231 et il est lisible en ligne : "Des arts de la rue comme origami de l’espace public et du féminisme comme modalité des plis".

Voici les premières lignes :

"Ce samedi 28 juin, je suis arrivée tôt sur la place de l’hôtel de ville à Sotteville, sans intention d’assister tout de suite au programme de la 36e édition du festival Viva Cité qui a commencé la veille. Je me suis assise sur un muret, à un endroit où il ne se passe apparemment rien, et je laisse décanter les sons du jour d’avant pour qu’ils puissent finir leurs réverbérations en moi et se mêler aux mille et un bruissements de la journée qui commence. Je connais bien ce lieu, j’habite non loin. Je songe à cet article que l’Atelier 231 m’a proposé pour Réflexions en Suspension : comment le féminisme travaille-t-il les créations, le public, l’espace, dans un festival des arts de la rue en 2025 ? Est-ce que cela s’entend ? Depuis 20 ans j’écoute les espaces publics depuis ma position de femme cis, blanche, engagée dans les luttes sociales, aujourd’hui quadragénaire et valide : j’observe les dominations qui s’y exercent, les émancipations qui s’y ouvrent, l’inépuisable complexité du réel. Les endroits où il ne se passe rien ont ma prédilection, ceux où il n’est pas prévu que l’on s’installe en spectatrice : on peut y interrompre ses propres scripts et s’y rendre disponible à ce qui foisonne de toutes parts. Comme bien d’autres personnes pour de multiples raisons, il m’est plus difficile de me rendre à un événement qui m’assigne officiellement au rôle de spectatrice, mais les arts de la rue ouvrent les latitudes : je suis du public ou je n’y suis plus, je contribue ou je reste en retrait, je m’échappe ou je plonge, je reviens, je dérive. L’espace se compose en un origami tranquille, jamais fini, laissant apparaître des chemins imprévus, accessibles à toutes et tous."

La suite est à lire ici.

J’ai écrit le texte. Le travail sur les illustrations a été effectué séparément et certaines images sont contraires au féminisme LGBTQIA+ dans lequel je m’inscris. C’est pourquoi je mets aussi à disposition une version sans images de cet article ici.

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